En quoi ces associations peuvent-elles avoir un intérêt?
Premièrement, des appariements de ce type sont à la base de nombreuses oeuvres artistiques. Les peintres sont inspirés par la musique, les musiciens par les couleurs et les stimulations visuelles en général, les chefs soignent l’aspect visuel de leurs plats. La poésie n’est-elle pas un peu le mariage d’un sens véhiculé par un texte et de sons et de rythmes véhiculés dans les vers? L’espace entre les différentes perceptions mérite d’être exploré scientifiquement.
Deuxièmement, les associations offrent des nouvelles formes d’expression: traduire ce qu’on ressent en écoutant une musique avec des images, parler d’odeurs avec des photos, ou des sons. Imaginez pouvoir donner une interprétation de variations musicales de Mozart avec des bandelettes visuelles.
Troisièmement, ce qui est commun aux musiques, aux images et aux odeurs sous-tend les associations. La musique, les bandelettes, les bouquets d’odeurs sont perçus comme des dialectes d’une même langue abstraite qui nous parle d’accords, d’harmonie et peut-être de beauté.
Enfin, la définition de bandelettes visuelles pour accompagner un bouquet d’odeurs ou une musique nous oblige à nous intéresser à des propriétés globales d’un ensemble d’images. Ce qui fait la beauté, non pas d’une photo mais d’un ensemble de photos est probablement caché quelque part dans des explorations du type de celles que je présente ici.
Quelles sont les associations privilégiées par les personnes ?
Une approche mathématique permet – à partir d’une définition a priori de ce qui est une bonne association – de construire des algorithmes qui sélectionnent parmi toutes les possibilités le meilleur appariement entre tantôt une musique et des images, des images et des saveurs ou encore de la musique et des saveurs. Mais comment opérent les sujets humains lorsqu’on les confronte à la même tâche que les ordinateurs. J’ai réalisé différentes expériences dont je résume les résultats dans une section de ce site.