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Similarités entre les sens

Les perceptions offrent entre elles des similarités, des liens, particulièrement pour la vison et l’audition.

  • Récepteurs spécialisés. Dans une première étape de codage sensoriel, les signaux reçus sont analysés localement par des interfaces différentes, mais qui fonctionnent partiellement suivant des mécanismes similaires (existence de récepteurs spécialisés, sensibilité ou insensibilité aux changements…), extraction de caractéristiques (comme les arêtes, des orientations pour la vue, ou le rythme, les contours mélodiques pour l’audition).  
  • Transformations en formes. Dans une deuxième étape, les éléments perçus sont transformés – en un temps qui est de l’ordre de la demi seconde – en formes reconnaissables et par conséquent mémorisées, abstraites parce qu’elles sont activées par des stimulations physiquement différentes, en se basant sur des principes de ressemblance, de proximité, de continuité. Les formes pourraient ainsi être stockées sous formes de prototypes auxquels les signaux seraient comparés.
  • Les parties d’un tout. Il est intéressant de noter à ces deux premiers stades l’existence d’un autre principe de fonctionnement commun mis en évidence par une école psychologique aux alentours de 1930 – les Gestaltistes : l’analyse des éléments perçus procède de manière à la fois locale et globale. De nombreuses expériences psychologiques ont mis en évidence cette interaction. Les inputs sont rapidement perçus comme part d’un tout, ils sont regroupés en unités plus larges. Nos difficultés à corriger toutes nos erreurs de frappe dans un texte par exemple illustrent cette suprématie du tout sur le détail. Très vite donc, nos sens sont sensibles aux formes, aux structures et cela biaise la manière dont ils codent les signaux reçus.  
  • Création de sens. Dans une troisième étape plus cognitive les différentes « entrées » dans le système nerveux activent des catégories sémantiques identiques : les bébés tournent la tête lorsqu’ils entendent une voix et associent son et image pour donner sens par exemple à une première ébauche de la catégorie « maman ». A ce stade, il y a intégration des perceptions pour activer les mêmes représentations et il y a interprétation.  
  • Utilisation des mêmes mots (« intense, léger, nostalgique, obscur, contrasté, croissant, monotone, rythmé, … ») pour caractériser des oeuvres musicales et visuelles.
  • Certains canons d’harmonie sont transposables (comme le nombre d’or) d’un sens à l’autre.
  • Les signaux bruts sont des ondes; les organes sont sensibles à leurs longueurs d’ondes, aux fréquences.
  • Certains contrastes (relations) paraissent s’appliquer aux sons comme aux images: Haut/Bas, Long/Court,  Fort/Faible, Intense/Doux, Consonnant/Dissonant, Lisse/Haché, Simple/Complexe, Montant/Descendant, Extra/Intra …
  • Les émotions communiquées/les ressentis ont des similitudes: nostalgie, joie, tristesse, monotonie, harmonie, violence, paix …
  • La vision des expressions d’un musicien qui interprètent un morceau amplifie les émotions des auditeurs.